Une réalité incontournable dans le secteur social

Le recrutement de travailleurs sociaux non diplômés est une réalité, qu’on le veuille ou non. Historiquement, ce phénomène est bien connu, notamment dans le secteur de la protection de l’enfance, où de nombreux professionnels ont exercé en tant que faisant fonction d’éducateurs en MECS (Maison d’Enfants à Caractère Social).

Depuis la crise du COVID-19, cette tendance s’est accentuée. D’un côté, certains professionnels ont quitté le secteur social ou médicosocial, souvent désabusés. De l’autre, des personnes issues du monde de l’entreprise, en quête de sens, se sont tournées vers ces métiers. Résultat : les employeurs reçoivent désormais de nombreux CV de personnes sans diplôme d’État (éducateur spécialisé, assistant social, conseiller en économie sociale et familiale…).

Recruter travailleur social sans diplome

Faut-il pour autant écarter ces candidatures ? Pas nécessairement. Certains candidats sans diplôme peuvent être d’excellents professionnels, à condition d’être rigoureux dans l’évaluation de leur profil.

Recrutement sans diplôme : les points clés à analyser dans un CV

Lors de la réception d’un CV sans diplôme, soyez vigilant aux signes d’idéalisme ou d’une vision fantasmée du métier que peuvent avoir les candidats. Concentrez-vous sur les expériences pertinentes ou transversales qui pourraient avoir une relation avec le poste.

Les éléments à repérer dans le CV :

  • Expériences professionnelles dans le social ou médicosocial, même non qualifiées.
  • Expériences bénévoles (maraudes, accompagnement associatif de publics en difficulté…).
  • Activités sportives ou d’encadrement (coach, animateur, entraîneur…).
  • Éléments personnels révélateurs de compétences sociales (une orpheline, ainée d’une fratrie de 5, qui a dû assumer les fonctions parentales vis-à-vis de ces frères et sœurs, n’aurait-elle pas quelques compétences pour être éducatrice en MECS ?)
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Compétences transversales : que peut-on transposer ?

Posez-vous la question des compétences transposables du candidat vis-à-vis du poste, notamment :

  • Le type de public déjà accompagné (jeunes, personnes âgées, personnes en situation de handicap…).
  • Sa capacité rédactionnelle (exemple : un ancien journaliste saura probablement rédiger des écrits professionnels).
  • Son expérience d’accompagnement individuel ou collectif (animation de projets, insertion professionnelle, soutien à la parentalité…).

Entretien de recrutement : les 3 points à bien évaluer

L’entretien est une étape clé pour juger de la pertinence d’une candidature non diplômée. Voici les trois éléments à ne pas négliger :

1. La question du salaire

Les candidats ignorent souvent les conventions collectives du secteur (CCN 66, CCN 51) et peuvent être surpris par la rémunération inférieure à leur métier précédent.

2. La connaissance du terrain

N’hésitez pas à présenter des situations réalistes, difficiles, voire provocante. Par exemple :

Comment réagissez-vous si un jeune qui vous dit : « je t’emmerde, je n’irai pas voir le juge, t’es qu’un con » ?

Si cette mise en situation choque le candidat, cela peut être un indicateur de sa capacité limité d’adaptation sur le terrain.

3. L’engagement dans la professionnalisation

Souhaite-t-il/elle s’inscrire durablement dans le secteur ? A-t-il/elle envisagé une VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) ? Un candidat ayant déjà engagé son Livret 1 montre une réelle volonté de professionnalisation.

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Prise de références : une étape clé à ne pas négliger

Même si elle est soumise à l’accord du candidat, la prise de référence est fortement conseillée dans ce cas de figure. Une recommandation ne vaut pas garantie, mais elle peut confirmer ou infirmer une première impression.

Recrutement sécurisé : immersion ou période d’essai terrain

Avant toute embauche, proposez au candidat :

  • Une visite du site.
  • Une immersion de quelques heures ou jours (« vie ma vie ») avec le public.

Ce temps partagé permet :

  • Au candidat de mieux comprendre la réalité du poste.
  • À l’employeur d’observer son comportement et son positionnement.

En résumé

Le recrutement d’un travailleur social sans diplôme est possible, mais il doit s’accompagner d’une analyse rigoureuse du profil, d’une mise en situation claire lors de l’entretien, et si possible, d’une immersion préalable. Ces étapes sont essentielles pour sécuriser votre processus de recrutement et intégrer un collaborateur motivé, aligné avec vos valeurs et les réalités du terrain.